Vous avez terminé le chantier, envoyé la facture… et le virement n’arrive pas. Vous y pensez entre deux rendez-vous, sur la route ou le soir, fatigué. Puis la semaine suivante, un nouveau chantier démarre et la relance passe à la trappe.
C’est l’un des soucis les plus courants chez les artisans du bâtiment : la trésorerie dépend de factures qui ne sont pas toujours payées à temps, et relancer un client est inconfortable. On craint de le froisser, de paraître trop insistant, ou de ne pas savoir quoi écrire.
Bonne nouvelle : relancer est une démarche normale, encadrée par la loi, et on peut le faire avec courtoisie. Dans cet article, vous trouverez un calendrier de relance simple et quatre modèles de messages à copier et adapter.
Avant de relancer : une facture claire se paie plus vite
La meilleure relance est celle dont on n’a pas besoin. Une facture précise laisse moins de place aux « je ne savais pas » et vous protège si le retard s’installe. Vérifiez que chacune de vos factures indique bien :
- la date d’émission et la date limite de paiement ;
- le montant HT, la TVA et le total TTC ;
- les pénalités de retard et leur taux ;
- l’indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € ;
- vos coordonnées bancaires et un moyen de paiement simple.
Si ces mentions ne figurent pas non plus dans vos conditions générales de vente, vous ne pourrez pas les appliquer. Ajoutez-les dès votre prochaine facture.
Ce que dit la loi entre professionnels
Quand votre client est une entreprise, la loi vous protège. Voici l’essentiel :
- Délai de paiement : sans délai précisé sur la facture ou dans vos CGV, il est de 30 jours à compter de la réalisation de la prestation.
- Pénalités de retard : elles sont dues de plein droit dès le lendemain de la date d’échéance, sans que vous ayez besoin de relancer. Leur taux doit être indiqué sur la facture ou dans vos CGV.
- Indemnité de 40 € : elle est due pour chaque facture payée en retard, quelle que soit la durée du retard, là aussi sans rappel préalable.
Relancer reste pourtant utile : la loi permet de réclamer ces sommes, mais en pratique c’est souvent votre courrier qui déclenche le paiement.
Et pour vos clients particuliers ? Ces règles de pénalités et d’indemnité forfaitaire concernent les relations entre professionnels. Avec un particulier, la facture est en principe payable à réception, sauf mention contraire. Pour appliquer des pénalités, elles doivent avoir été prévues dans le devis ou le contrat signé. La relance amiable fonctionne de la même manière.
Cet article est donné à titre d’information et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.
Le calendrier de relance en 4 étapes
Une relance efficace suit un rythme régulier et monte progressivement en fermeté. Voici un repère simple, à adapter selon votre client et le montant en jeu.

| Étape | Quand | Ton | Moyen |
|---|---|---|---|
| 1. Rappel amiable | 2 à 5 jours après l’échéance | Détendu : « un oubli est vite arrivé » | |
| 2. Première relance | 10 à 15 jours après l’échéance | Courtois et précis | E-mail, puis appel |
| 3. Relance ferme | 30 jours après l’échéance | Ferme, rappel des pénalités | E-mail avec accusé de réception |
| 4. Mise en demeure | Environ 45 jours après l’échéance | Formel | Courrier recommandé avec accusé de réception |
Un conseil : notez la date de chaque relance (un simple tableau suffit). En cas de litige, cet historique vous sera précieux.
Les 4 modèles de messages à copier
Remplacez les éléments entre crochets. Gardez toujours un ton poli : l’objectif est d’être payé en gardant votre client.
Modèle 1 : le rappel amiable
Objet : Facture n° [numéro] – rappel d'échéance
Bonjour [Prénom Nom],
Sauf erreur de ma part, la facture n° [numéro] d'un montant de [montant] € TTC, arrivée à échéance le [date], n'a pas encore été réglée. Il s'agit peut-être d'un simple oubli. Vous la trouverez en pièce jointe.
Si le règlement est déjà parti, merci de ne pas tenir compte de ce message.
Bien cordialement,
[Votre nom – Votre entreprise]Modèle 2 : la première relance
Objet : Facture n° [numéro] – 2e rappel
Bonjour [Prénom Nom],
Je me permets de revenir vers vous au sujet de la facture n° [numéro] ([montant] € TTC), échue depuis le [date] et toujours impayée à ce jour.
Pourriez-vous me confirmer la date de règlement prévue ? Si un point pose problème, n'hésitez pas à m'appeler au [téléphone] : nous trouverons une solution ensemble.
Bien cordialement,
[Votre nom – Votre entreprise]Modèle 3 : la relance ferme
Objet : Facture n° [numéro] – dernière relance avant pénalités
Bonjour [Prénom Nom],
Malgré mes précédents messages, la facture n° [numéro] ([montant] € TTC, échue le [date]) reste impayée.
Conformément aux conditions mentionnées sur la facture, des pénalités de retard ainsi que l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 € sont applicables. Je vous remercie de procéder au règlement sous 8 jours. À défaut, je serai contraint(e) d'engager une mise en demeure.
Cordialement,
[Votre nom – Votre entreprise]Modèle 4 : la mise en demeure
Elle s’envoie par courrier recommandé avec accusé de réception. Elle doit rappeler la facture concernée, le montant dû, les pénalités et l’indemnité, et fixer un délai précis pour payer (par exemple 8 jours à compter de la réception). Comme elle peut servir de base à une procédure, faites-la relire par un professionnel du droit avant de l’envoyer.
Et si le client ne paie toujours pas ?
Si la mise en demeure reste sans réponse, il existe des procédures judiciaires, par exemple l’injonction de payer, qui permet d’obtenir un titre de paiement sans audience dans de nombreux cas. À ce stade, ne restez pas seul : un commissaire de justice (ancien huissier), un avocat ou votre chambre de métiers peuvent vous conseiller sur la démarche adaptée à votre dossier et à votre montant.
Pour la grande majorité des retards, une relance amiable bien menée suffit.
Relancer sans abîmer la relation
- Appelez avant d’écrire quand le montant est important : un échange de deux minutes règle souvent un malentendu.
- Restez factuel : numéro de facture, montant, date d’échéance. Pas de reproche, pas de jugement.
- Proposez une solution si le client est en difficulté : un paiement en deux fois vaut mieux qu’une facture jamais réglée.
- Gardez une trace écrite de tout : un appel se confirme par un court e-mail.
- Soyez régulier : un client à qui vous réclamez toujours de la même façon comprend vite que vos échéances comptent.
Vous n’avez pas le temps de relancer vos clients ?
Suivre les paiements, envoyer les relances au bon moment et garder un historique propre : c’est du temps que vous préférez passer sur vos chantiers. C’est justement ce que je fais pour des artisans comme vous, dans le cadre de la facturation et du suivi administratif.
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